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“...INTRODUCTION
Le lecteur sera peut-être surpris de trouver parmi les
ouvrages publiés par la Société de 1’Histoire de France la
Chronique et les Annales de Gilles le Muisit, oeuvres écrites k
Tournai par un Tournaisien qui n’a pour ainsi dire pas quitté
sa ville natale; il lui semblera au premier abord que ces textes
doivent présenter plus d’intérêt pour les historiens beiges
que pour les historiens francais. Rien n’est pourtant moins
vrai, et un examen même superficiel aura vite fait de détruire
cette prévention. Les guerres de Philippe le Bel et de ses flls,
celles des premiers Valois, les événements survenus en France
depuis 1296 jusqu'en 1351 tiennent presque tout le récit, et
si les affaires de Flandre, les faits survenus dans le nord de
la France sont 1’objet de plus longs développements, tout ce
qui s’est passé dans le reste du royaume n’y est pas moins
mentionnè avec précision.
II n’y a d’ailleurs pas lieu de s’étonner de cette abondance
de renseignements chez...”
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“...X
INTRODUCTION.
Gilles le Muisit, nous montrent avec quel soin il s’acquitta
de ses fonctions1.
Vers 1345, Gilles, qui jusqu’alors avait toujours joui d’une
excellente santé2, sentit sa vue baisser; il ne pouvait plus
lire niécrire, ni distinguerlesmonnaies3; bref il était atteint
de la cataracte. Force lui fut de renoncer k la vie active,
c’est alors que, pour occuper son temps et se distraire, il
composa sa Chroniquej ses Annales, ses Poésies. En 1351,
un médecin, Jean de Mayence, lui proposa de le guérir;
quoique 1’opération de la cataracte fut pratiquée avec suc-
cès depuis 1’antiquité, les parents et amis de Gilles étaient
peu partisans d’une intervention chirurgicale. Le médecin
parvint pourtant k convaincre le malade et, selon la mé-
thode alors en usage, pratiqua 1’abaissement du cristallin
sans énucléation : « II ouvra en ses yeux d’un instrument
d’argent k maniere d’aiguille, sans pener, k pau d’angousce
et tos passee4. » Le premier ceil fut opéré le 18, le...”
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“...INTRODUCTION.
xxij
lorsqu’il fut devenu aveugle : « Ad evitandam ociositatem
et ne essem impatiens, multa latino et gallico feci registrare
expendens in talibus tempus meum1. » Une miniature le
représente dictant sa Chronique : assis dans une stalle sur-
montée d’un dais, les mains appuyées sur les bras du siège,
il semble songer k la phrase qu’il va dire, tandis qu’k cötè
de lui, penché sur un cahier, un moine attend pour écrire
qu’il prenne la parole2. Le premier manuscrit qui fut écrit
ainsi devant lui contient la Chronique. II se trouve mainte-
nant k la bibliothèque de Courtrai; commencé en 13473, il
ne dut être achevé que vers Pkques 13494. II fut immédiate-
ment grossoyé sous la dictée de 1’auteur. Ce procédé de
rédaction peut seul expliquer la longueur de la rédaction.
Quand la Chronique fut terminée, Gilles, pour la conti-
nuer, entreprit un second ouvrage. II fit inscrire chaque
année, après Pkques, les événements qui venaient de se pas-
ser. Les Annales...”
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“...54
GILLES LE MUISIT.
[1297]
date, ita quod dictus Robertus cum suis exivit secure1.
Johannes autem, comes Hannonie, cognatus germa-
nus Roberti Flandrie, qui portabat arma a kievirons,
consilio habito, cepit portare arma Flandrie, et se
presentavit cum suis ut eum videret Robertus in tali-
bus armis; et ab illo die et deinceps portavit dicta
arma toto cursu vite sue2.
Fuitque concordia facta tabs quod illi de villa Insu-
lensi, de Duaco, de Retunia, de Orchies et Castella-
nie3, se regi reddiderunt, tali conditione quod homagia
facta sint ei et quod totum erit in sua juredictione;
et dominabatur eis donee comes; et Flandrenses
acquisierint perpetuo decem millia librarum annuatim4
in regno Franchie.
1. Lille ouvrit ses portes le ler septembre 1297; le même
jour, Robert de Béthune rentra en Flandre.
2. Jean d’Avesnes, ne se résignant pas & accepter la sen-
tence de saint Louis, qui avait adjugé le Hainaut aux enfants
du premier lit de Marguerite, comtesse de Flandre...”
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